Transatlantic Roots

Transatlantic Roots

La nouvelle création de Bruno Angelini, le 13 novembre au Chorus Jazz Club de Lausanne.

Transatlantic Roots –un Trio exceptionnel illuminé par la belle présence du trompettiste Fabrice Martinez et batteur Éric Echampard.

Je me souviens qu’à 11 ou 12 ans, j’ai découvert un disque de jazz dans la discothèque de mon père : Blue moods de Miles Davis. J’ai adoré cet enregistrement, son climat sensuel et mystérieux, le son magnifique de la trompette bouchée de Miles mélangé au vibraphone de Teddy Charles et rapidement il m’a donné envie d’improviser au piano et de m’intéresser de plus près au jazz…j’étudiais alors la musique classique au conservatoire avec une prédilection pour les mouvements lents des compositeurs Français et Russes.Une oreille en Europe, une aux États-Unis, c’est ainsi que j’ai vécu la musique une grande partie de mon adolescence. Ce double intérêt s’est confirmé plus tard lorsque j’ai pris la décision de me consacrer au piano : j’ai alors étudié le jazz au CIM et le classique/contemporain avec mon mentor Sammy Abenaïm.
Devenu musicien et compositeur, j’ai l’impression d’avoir naturellement développé, depuis une quinzaine d’année, une identité musicale plus européenne, certainement par envie d’être au plus proche de mes racines les plus profondes. J’ai toujours conservé, pendant cette évolution, un réel intérêt pour la culture Américaine et notamment pour les musiques Afro-Américaines.
En tant que citoyen par contre, mes rapports aux États-Unis  ont perdu de leur enthousiasme en raison d’une prise de conscience de l’impact très négatif de leur politique étrangère ainsi que de leur rôle de leader d’un monde capitaliste déréglé que je n ‘apprécie guère. Et pourtant… lorsque je pense à Wayne Shorter, à John Cage, Mal Waldron, Jeanne Lee, à la culture Amérindienne, aux mouvements pour les droits civiques, avec Rosa Parks et bien d’autres, aux mouvements écologiques Américains, avec Julia Butterfly Hill et bien d’autres, au cinéma de David Lynch, Spike Lee, Jim Jarmush…, à la littérature, la danse, la peinture Américaines… mon cœur d’enfant et d’adulte continue de battre fort.
C’est en réfléchissant à mon parcours, à son évolution, à mes sentiments contrastés concernant les États-Unis, au fait de valoriser leur aspect positif, que j’ai eu envie de reprendre contact avec mon tropisme Américain et de construire un répertoire dédié à ma double culture, à mes doubles racines musicales, à mes « Transatlantic roots ». Bruno Angelini